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Si vous aussi vous appréciez ces citations, nous aurons plaisir à travailler ensemble... Bonne lecture! 


CREATION

 A l'école quand on veut blâmer un enfant, on lui dit : "Ne fais pas l'intéressant!" Alors que l'objectif de toute vie artistique, professionnelle, voire de toute vie humaine, est précisément aux yeux de la plupart des gens, d'être intéressant. En France, le sommet du succès d'un jeune est d'entrer à l'Ecole normale supérieure et d'être agrégé, de rejoindre le troupeau au sens étymologique. Ainsi, lorsque Derrida était adulé aux Etats-Unis comme philosophe très créatif, en France, son statut officiel était "répétiteur de philosophie".

Josef Schovanec, Je suis à l'Est

- Plus inattendu au coeur de la Silicon Valley, vous avez placé l'art au coeur du campus. Qu'en attendiez-vous?

- Les grandes sociétés ont de grands artistes : la culture apporte de la profondeur, ce que l'on respire d'ailleurs partout en France. (...) Nous avons donc cherché à donner aux étudiants ce que j'appelle la confiance créative, leur apprendre à émettre et aussi à recevoir les critiques sans en prendre ombrage. Cette compétence est de grande valeur.

John Hennessy, Président de l'Université de Stanford, interview du Monde, 4 mars 2016, par Laure Belot et Emmanuel Davidenkoff

EDUCATION

Si on arrive à être assis dans une chaise, silencieusement, seul dans une chambre, on a eu une très grande éducation.

Blaise Pascal

ENFANTS PRECOCES ET SURDOUES

Que fait l'athlète? Aussi doué soit-il, il doit pratiquer un dur entraînement. Il en va de même pour l'enfant intellectuellement précoce, avec cet avantage que l'effort personnel ne le fera pas souffrir, mais au contraire lui procurera du plaisir. L'éducation à l'effort personnel évitera qu'il se perde en chemin, facilitera son épanouissement.

Sophie Côte, Doué, Surdoué, Précoce, l'Enfant Prometteur et l'Ecole

ENSEIGNEMENT

Les scientifiques les plus brillants s'avèrent quelquefois incapables d'expliquer clairement ce qu'ils ont compris. Une sorte d'intuition leur permet de former et d'utiliser des raccourcis efficaces grâce auxquels ils appréhendent rapidement l'ensemble de la situation. Cela explique, je pense, pourquoi nombre de chercheurs géniaux sont de piètres pédagogues. Ils ne peuvent exposer les phases successives d'un argument, eux qui n'ont pas eu besoin de tels développements détaillés pour le saisir.

Hubert ReevesJe n'aurai pas le temps

- Quand la terre étouffe, que les espèces s'éteignent, que l'océan cache un continent de plastique, quel sens y-a-t-il à fouiller les trous noirs?

- Il faut sauver le monde mais sans renoncer à le comprendre. Je vois mes étudiants réellement inquiets, me dire "A quoi bon?" Non : même dans les pires situations possibles, il y a eu des épiphanies de beauté. Il ne faut pas lâcher.

Aurélien Barrau, propos recueillis par Nathaniel Herzberg, Le Monde, dimanche 29-lundi 30 septembre 2019, p.29

 

 

 

Il y a en réalité beaucoup d'argent dans la santé et l'éducation mais affecté à une logique de flux, qui détruit la stabilité nécessaire réclamée par ces métiers. Cette pression du flux conduit à installer la pénurie et la compétition partout, alors même qu'il y a une ébauche de dépenses du côté du management, de l'évaluation, de la machine normative et réglementaire. 

Dans ces métiers de santé, d’éducation et de recherche, nous passons de plus en plus de temps à l’évaluation, à l’optimisation, à la compétition et de moins en moins de temps à soigner, éduquer et faire de la recherche.  

Barbara Stiegler, interview pour France 3 régions, Nouvelle Aquitaine, "la crise sanitaire actuelle est le pur produit du néolibéralisme", 18 avril 2020

(https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/bordeaux/barbara-stiegler-crise-sanitaire-actuelle-est-pur-produit-du-neoliberalisme-1818004.html?fbclid=IwAR01R_MCHrpXc_ZEtfo2zNaOMEWrZB3Fd1dOy_z_bNXSK4J2iiS0ee7PzgE)

 

 

JEUNES

Je rencontre parfois des jeunes plongés dans des études arides.  Ils font mon admiration. Ils ingurgitent des tonnes de mots, de savoir. Ils ne connaissent pas les trente-cinq heures. Ils ne sont pas tous des arrivistes. Certains me surprennent par leur idéal qui est loin d'être avare. Ils se lancent dans des projets longs comme des pistes d'envol. S'ils continuent à bien construire leur intelligence avec leur coeur, leur avenir sera beau, ils ne seront jamais fades. Car les adultes qui s'affadissent sont ceux qui n'ont pas relié leur intelligence à leurs tripes et à leur coeur. Ils sont comme des repas sans condiment.

Tim GuénardTagueurs d'Espérance

STYLE DE VIE

Chez moi, le bois me chauffe et je sais me nourrir dans les forêts, les friches et les étangs de Sologne. Avec ma famille,  je me sais capable de vivre – simplement mais bien – en totale autarcie. Cette conviction m'est indispensable et me rassure. Je serais incapable de vivre en ville, de savoir mes enfants vulnérables et dépendants d'un système que je sais artificiel, susceptible de craquer à n'importe quel moment car nous sommes finalement possédés par ce que nous croyons posséder. La prépondérance donnée à l'intellect au détriment de l'intelligence des mains fait de la plupart des « hommes modernes » des infirmes, entièrement dépendants du système. J'utilise et j'aime Internet ainsi que la plupart des outils de communication, je possède une voiture et d'autres bien utilitaires dits « de consommation », mais je sais aussi construire une cabane avec une simple hache, allumer un feu sous la pluie, chasser, pêcher mon repas, cultiver la terre, reconnaître les plantes, les baies et les champignons comestibles. Cela m'apaise dans le tourbillon effrayant de ce monde déraisonnable.

 

Comment peut-on juger réaliste le principe d'une croissance infinie sur laquelle se base l'économie mondiale, avec son corollaire : l'endettement abyssal censé nourrir ce système artificiel ? Comment ne pas perdre davantage en compte les contradictions de ce modèle incapable de produire sans détruire et qui porte donc intrinsèquement les gènes de sa propre destruction ?

 Nicolas Vannier, Avec mes Chiens, l'Odyssée Sauvage, 6000 km à travers Sibérie, Chine et Mongolie, 2014